IV · Enfer, mais dans une poésie
À mon ami banquier
Que j’ai tellement renié,
pourtant chic et distingué,
et policé, bien éduqué,
même pas très fier d’être friqué.
Je t’ai voué la haine du peuple,
qui se rebelle contre les murs -
prisons d’argent, sans sinécure ;
j’ai p’t-être été un peu trop veule.
Ce n’est pas courage que de renier
c’qui nous permet de pouvoir bouffer,
sauf si l’on a une solution
qui passerait pour… un peu moins con.
Je n’en ai pas, mon bel ami ;
tu ne mérites pas d’être mon honni.
Et le confort que t’as gagné,
et tes efforts que j’ai renié…
Un doux bourgeois, y a pas de mal ;
et puis ta femme - qui est fatale -
et qui t’aime pour ton côté artiste,
ton humour et ta danse sur la piste.
Je t’aime aussi d’être gentil :
aux honnêtes hommes, faire le pari
de faire un prêt, relever le défi !
N’être qu’humain, jouer la partie.
Première publication le 20/05/2015 sur poeme-france.com (texte n° 163548, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.