IV · Enfer, mais dans une poésie
L’Argent
L’argent pue
le regard des gens blasés,
les espoirs des gens déçus,
et l’oubli de toute vertu.
L’argent fée :
le mépris des gens servis,
le dépit des arrivistes,
la joie d’un saxophoniste.
L’argent prie :
les soldats de le protéger,
les enfants de l’aduler,
les méchants de se faire amis.
L’argent fait :
les gloires et les fiertés,
la renommée d’un quartier,
la famille prospérité.
L’argent change :
le choc devient le chic,
la pèze achète le toc,
le froc contre le flic.
L’argent sert :
à gérer l’humanité,
à sortir de l’âge de pierre,
le troc contre le fric.
L’argent voue :
le culte de l’individu,
le culte de l’âme saoule,
une haine au monde des fous.
L’argent préfère :
la misère à la guerre,
le parfum à l’emprunt,
l’héritier au destin.
Mais l’argent paie :
c’est liberté,
c’est voyager,
c’est vie rêvée.
Du flouze
contre mes shoes,
un bifton
contre un gueuleton.
L’argent donne :
une chance aux grands artistes,
une voix aux polémistes,
un mari aux belles… et connes.
De la monnaie,
pour un clodo.
Du blé,
pour un boulot.
L’argent permet :
aux forts d’exister,
au travail de briller,
au pauvre de subsister.
L’argent construit :
le monde, les industries,
les immeubles et les loyers,
les écoles de nos quartiers.
Avec l’argent :
les injustices sont amères.
Sans l’argent :
chaque injustice devient une guerre.
Avec l’argent :
la sueur a une valeur.
Sans argent :
les seuls rois sont des seigneurs.
Première publication le 05/05/2015 sur poeme-france.com (texte n° 163234, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.