II · Éclaire mes nuits

Amour platonique?

Apprenez-moi l’amour,
faites fuir ces démons
qui trouvent triste l’honnête con
qu’à Lipyge font la cour.
C’est votre âme tout de miel,
et votre rire, Mademoiselle,
qui vous donnent l’air si belle
que jalouse le Soleil.

Et vos gestes de soubrette,
politesses de princesse,
humbles et douces offrandes,
me font Zeus qui quémande.
Une pudeur sans ferveur,
une sainte sans seigneur,
une extase sans sauveur -
voilà mon bonheur.

Et la vie dans ce lit,
c’est désir sans dépit,
appétit sans ennui,
sans dégoût, sans mépris.
Je vous goûte, plat divin -
le festin de vos seins -,
et la courbe de vos reins
caressée de mes mains.

Vous aimez comme une reine,
et vos vices vous laissent saine ;
vous soignez toutes mes peines,
consolez toutes mes gênes.
Je vous aime, mon amante,
de glisser cette pente
qui nous mène vers les sens
tout en vous gardant innocente.

Car l’amour platonique
d’une étoile est magique.
Oui, ce ne sont que des mots -
je ne suis, de vous, qu’un dévot.

Première publication le 14/05/2015 sur poeme-france.com (texte n° 163425, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.