II · Éclaire mes nuits

Pas de Moi (à Isabelle)

Je ne veux pas de moi,
mais la vie est là.
Comme un jeu de cartes,
on ne choisit pas.

Mais plus de malheur,
crier de douleur :
perdre la raison
n’est pas ma passion.

Je ne veux plus parler
d’mon éternité.
À bien trop rêver,
j’ai p’t’être oublié

la félicité
de juste jouer
à l’humanité,
même pas pour gagner.

Je veux du bonheur,
même que des douceurs.
Et puis les terreurs,
rien qu’en rigoler.

Je veux tes câlins,
jouir entre tes reins,
oublier demain,
me foutre du destin.

Culpabilité
d’avoir trop aimé,
d’avoir trop pleuré,
puis abandonné.

Une belle journée :
j’aimerais me relever,
savoir que je la veux,
en être amoureux.

P’t’être qu’être vivant
donne le sourire amer
quand on a le joker :
être un peu dément.

Y a rien à la fin -
mais il faut jouer,
même sans gagner,
même sans destin.

Première publication le 24/11/2014 sur poeme-france.com (texte n° 160662, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.