IV · Enfer, mais dans une poésie

Émetteur ?

Récepteur, mirage d’un monde de douceur ;
inonde les foyers de sa pâle lueur.
Il pleut des ficelles de ténèbres électriques
et les marionnettes dociles s’y agrippent.
Il y a des morts que l’on souhaiterait éveiller !
Il y a ces tombes que l’on devra profaner !
Ces planches en (h)être pourrissant m’emprisonnent :
je vis par ces vers ; en ma chair ils foisonnent.

Récepteur, visage d’un monde de douleur ;
immonde noyé d’un orage de couleurs ;
allongé, les chaînes à tes doigts, tu zappes…
Lève-toi ! La connerie à tes pieds te frappe !
Il y a des sortilèges que l’on devra briser.
Il y a ces pièges que l’on devra déjouer.
Il y a ce manque d’assurance dans mes yeux ;
le corps de cette jeune fille nue m’émeut.

Récepteur, présage d’un monde sans ardeur.
Quand, affalé sur le canapé - ton postérieur -
tu contemples ce stupide transistor sans vie,
sache que tu ne vaux guère plus que lui.
Il y a un monde pour les moutons forgés ;
il y a ceux qui suivent et, à chaque pas, meurent ;
ceux qui vivent ; et ceux qui voudraient s’échapper…
Récepteur, transforme-toi en Émetteur !

Première publication le 28/10/2014 sur poeme-france.com (texte n° 160294, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.