La Folie
Elle illumine la nuit et aveugle la sagesse.
Son éclat luit comme une lune posée sur l’océan.
Les vagues scintillent, sur l’étendue d’eau fébrile.
Elle gémit et elle hurle, elle est force et faiblesse.
Elle fait peur quand elle pleure, trop cruelle et trop belle.
Elle effraie quand elle crie : un trombone dans l’oreille.
Vénérée du génie et honnie du banquier.
La folie, quand elle vit, casse les briques
des conventions établies et des langages polis.
Dangereuse, généreuse, elle nous aborde avec la douceur d’une claque.
Dans un hamac endormi, c’est un rêve de jeunes filles.
Dans un café enivré, c’est un futur député.
Dans un hôpital d’aliénés, la misère de la société.
Mille visages, la folie, tant salie et bannie.
N’est-elle pas effrayante ? N’est-elle pas enivrante ?
Pas une simple maladie, mais le meilleur et le pire
de l’homme réunis, sans tabou et sans filtre.
C’est une bombe, l’hécatombe.
C’est aussi les plus lumineux regards,
les plus brillants destins.
Et ce rêve… c’est le mien.
Première publication le 19/03/2015 sur poeme-france.com (texte n° 162252, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.