III · Marcher sur un fil

Lorsque je fuis à l’ombre du miroir

À l’ombre du miroir, timide oublie « l’Éclat »,
aveuglant pour lui : une belle jeune fille.
Le plus précieux sourire et le plus doux regard
ne peuvent apaiser sa peur. Un œil hagard,
il file vers sa folie. Le soleil ne brille
pas pour ce lâche qui se comporte en fat.
Goutte, goutte encre transparente du vice !
Lorsque je fuis, dans ma main je glisse et glisse
le présent ; assis, en transpirant des cuisses.
Lorsque je fuis vers demain, un prince est triste.

Au bord du lac des rêves perdus se noient
des ombres qui rient : les espoirs d’un enfant
subsistent quand les rêves du présent pâtissent.
Les gloires, reflets du passé vague, surgissent :
ce matin vert où me rêvait prince vaillant ;
jardin où blanche sa robe de nymphe volait.
Vole, vole blancheur tendre de l’innocence !
Dévoile-moi tes fesses gonflées d’insouciance.
Lorsque je fuis en ton cul, j’oublie ma science ;
lorsque je jouis dans ma main se perd ma conscience.

Honte-Peur Seul et Fou-Mou Laid coulent mes larmes…
En chacun d’entre nous vivent des autres Toi :
père, mère, amis, ou bien un inconnu ;
parfois c’est une jeune fille toute nue.
Son rire m’est une grande source de joie,
mais un miroir brisé gît au fond de mon âme.

Première publication le 24/11/2014 sur poeme-france.com (texte n° 160661, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.