Méditation 3 sur le Principe de Réalité
Ce qui est a un sens
Qui défie notre raison.
On n’en connaît l’essence,
On se perd en passions.
On voudrait s’en aller,
Oui, peut-être tout quitter,
Pour une autre réalité,
Loin là-bas s’emmener.
Construire le paradis
Qu’on ne nous a pas donné,
Quitter notre folie,
Partir sur son voilier.
Oh, on rêve que ce vent
Nous emporte sur l’océan,
Nous éloigne de nos tourments :
Arrêter le cours du temps.
Remettre les pendules à l’heure
Pour nettoyer ses erreurs,
Faire table rase du passé
Et cicatriser son cœur blessé.
Laisser, sur un coup de cœur brisé,
Et sa famille, et ses amis, et son amour.
On rit un peu de liberté le premier jour,
Puis l’on se retrouve seul, assoiffé.
Ou même s’il y a de l’eau, s’il y fait chaud,
Nostalgique des amours qu’on n’a pas su tenir,
Plein de remords d’avoir osé les maudire,
On pleure ceux que l’on trouvait si beaux.
Il faut en payer le prix si tout tu reconstruis :
À ceux qui ont tout quitté, on ne donne une vie
Qu’à recouler, dans la boue, les fondations ;
On ne bâtit pas de maison sur du béton mouillé.
Et tu te rendras compte de tes douceurs passées :
Tu n’avais pas le paradis, mais tu dormais
Dans une tanière bien douce, contre une sublime rousse.
Ta maison natale vendue aux manouches,
Ils y font de la musique ; tu n’y chanteras pas.
Tu perds l’éthique pour des rêves d’au-delà,
Tu survis animal, tu parais bien louche.
Oh, j’ai peur d’être fou quand je crache sur tout,
Quand je dénigre celle qui m’emmenait au ciel ;
Et l’amour d’un père n’est pas éternel…
Je perds mes repères : suis-je docteur ès coucou ?
Image exagérée : il existe des chemins heureux.
Mais n’oublie pas ce que tu as pu construire,
Ne dénigre pas ceux qui surent te réjouir.
Si tu fuis tes démons, tu t’envoles avec eux.
Le premier des voyages commence avec soi :
Nous sommes notre première demeure.
D’abord nettoyer les méandres de son cœur :
La première sagesse commence là.
En musique
Maquette « Méditations » (les trois méditations) : écouter sur YouTube. musique IA Texte de l’auteur ; musique et voix générées par intelligence artificielle, pour donner une idée de ce que ce poème pourrait devenir en chanson.
Première publication le 25/06/2015 sur poeme-france.com (texte n° 164318, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.