III · Marcher sur un fil

Prison dorée

L’âme à dos, je vis honni,
ivre d’être seulement gigolo.
Braver l’honneur, le boulot -
rêve égoïste de n’être que de vie.
Être animal est mon rôle ici-bas.

Et dans le plaisir se fondra mon trépas.
Guère d’issue à l’amour physique ?
Oh, je joue au sensuel sans éthique -
ignoble à briser l’amour, ma famille.
Serais-je fatigué de toutes mes ivresses ?
Tant de talents et le soleil ne brille,
emprisonné par cette solitude qui m’oppresse.

Toutes ces qualités dont je ne sais que faire ;
rares défauts qui mettent mon cœur à terre (ou le contraire…).
Inique générosité à jamais gît sous l’eau ;
seul, les portes se ferment, le monde est clos.
Tout notre souffle se tarit dans notre ego,
et, vert tué, on accumule ses cadeaux.

Première publication le 21/07/2015 sur poeme-france.com (texte n° 164762, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.