Rêve banal
Je regardais, un soir d’étoiles,
vers l’autre rive : rêve d’idéal
qui m’éclairait comme un fanal !
Il m’éblouit - c’en fut fatal…
Oui, j’ai bien cru à mon destin
et je l’ai bu comme du bon vin,
la douce ivresse d’une putain
qui baise et blesse de son dessein.
Ô toi bonheur, facile, docile,
qui se vendrait d’un battement de cil -
mais tu nous pompes jusqu’à la moelle
ce qu’il nous reste de force vitale.
L’âme n’a que faire des illusions.
Pour que nous porte notre passion,
il faut combattre sur cette Terre :
les déraisons ont goût amer.
Première publication le 26/08/2015 sur poeme-france.com (texte n° 165371, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.