II · Éclaire mes nuits

Concerto pour Hall de Gare

Quand j’ai joué, elle n’a rien dit,
un air de jazz, petite symphonie.
Je l’ai fait vibrer - peut-être grisée -,
visage d’ange, cheveux henné.
Elle écoutait, le cœur serré ;
c’était pour elle que mes notes flottaient.
Seule une grand-mère vient m’applaudir ;
pour remercier, j’esquisse un rire.

La belle assise, qui m’écoutait,
n’osait pas trop me regarder.
Les vibrations qui résonnaient,
c’était juste pour la caresser.
J’ai dû partir pour prendre le train,
un grand calme s’était installé.
Et le p’tit dédain de ces cons de Messins…
C’est là que la p’tite s’est retournée.

Regard collé, elle m’a flingué ;
il y avait de l’envie mouillant ses yeux :
pianiste délicat - promesse de pieu ?
Hypnotisée, elle me fixait.
J’en laisse tomber ma valise,
vacarme qui casse le silence d’église.
Je me penche pour la ramasser ;
elle m’a souri - pari gagné !

Pari gagné… et fille perdue.
Je suis parti fier, la laisse émue,
pas le courage de l’aborder,
heureux et con de juste rêver.

En musique

Improvisation au piano, jouée par l’auteur.

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Première publication le 18/05/2015 sur poeme-france.com (texte n° 163502, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.

La chanson tirée de ce texte a été mise en ligne sur YouTube en 2015 (la date est affichée par YouTube) : une seconde source indépendante pour sa date.