Une perle
Une huître, dans sa coquille enfermée,
formait, au milieu de ses entrailles, une perle.
Lentement cristallisaient les larmes
qui de son cœur s’échappaient.
Las de pleurer pour sa belle,
aiguisait le mollusque son arme.
Il rêvait de faire briller ses yeux,
mais pour lui - seul un regard de dégoût,
pensait-il - il aurait.
Alors, ne voyant que faire de mieux,
pour elle, pour ses yeux, un bijou
il formait. Il rêvait :
« Une perle.
Pas un bijou qu’on accroche à un collier,
vulgaire caillou qui vainement brille
au-dessus de ces deux fruits délicieux -
péché originel, source de vie -
ta poitrine…
Un regard sur lui, et mes yeux l’abandonnent.
Ta peau, comme un aimant, exerce sur moi ton champ
“ellétro-magnifique”. Mon corps tout entier le ressent.
Elle est jolie ? Elle est pour toi, je te la donne (…) »
Quelques cristaux de larmes,
pour faire briller tes yeux,
devenir pour eux séduisant.
Quelques mots de l’âme,
temps perdu à peindre en bleu
ce dessein, « nous deux », éblouissant.
Il rêvait… Soudain,
à travers sa coquille, il aperçut
une belle. Voyant l’appât, elle sourit.
Il lui dit : « Ce bijou, c’est le tien. »
Un regard de plus près : il lui plut.
Elle fit un sourire, puis le prit, puis partit…
Première publication le 24/11/2014 sur poeme-france.com (texte n° 160660, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.