II · Éclaire mes nuits

Oulà …

Ulla danse pour moi. La vie transparaît dans ses mouvements.

Des rayons d’étoiles jaillissent de ses yeux et me parcourent jusqu’au fond des os.

Je suis transformé, purifié ; je me retrouve enfant.

Ulla me sourit, et je redeviens vivant.

Des petites fossettes se forment et creusent ses joues.

Un abîme, un gouffre, un vertige enivrant.

J’y plonge et dévore avec délice ses sublimes vingt ans.

Ulla m’embrasse d’un goût salé et métallique.

Sa langue est un aimant de velours.

Comme de la coke, ses lèvres enflamment mes sens et je ressens le tic-tac de son cœur,

qui résonne aussi entre mes côtes.

Ulla m’enserre, et je me sens comme une éponge

trop gonflée d’ennui et d’hypocrisie.

Le fiel s’écoule. Une libération : quelques larmes purificatrices, et je songe

que j’ai touché la vie cette nuit et accédé au ciel.

Revenu de cette aventure, je comprends, avec effroi, le sens de « paradis ».

Habitudes, fidélité, artificielle moralité pour nous tenir :

une contention des impulsions, un habit à revêtir

pour oublier la vraie nature, animale et sensible, de la vie.

Mourir à soi-même pour devenir un être social,

compter et apprendre méthodiquement pour éviter au monde son explosion.

Contention de toute pulsion, de toute folie banale,

j’en suis là : un mort-vivant sans envie ni passion.

Ulla, c’est une promesse, un détonateur.

En moi, il y a une bombe qui me fait peur.

Ce n’est pas une maladie,

mais le vrai sens de la vie.

Première publication le 22/10/2014 sur poeme-france.com (texte n° 160233, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.