Noir et Blanc
Qu’est le noir ?
Désespoir ?
Un mitard ?
Un crevard ?
Un fêtard ?
Un junkie ?
Un cynique ?
Le mépris ?
La folie ?
Et ma trique ?
Qu’est le blanc ?
Sentiments
Pas violents ?
La culture ?
La nature ?
Et le rire,
Le sourire,
Les enfants,
L’innocence
Platonique ?
Sentiment
Que le noir et le blanc
Sont amants,
Que le noir et le blanc
Font le vent.
Notre nature est plutôt incomplète
Si elle ne se résume qu’à la tête.
Nos envies, nos folies font les gens
Qui nous donnent nos plus beaux élans.
Et le temps qui en porte les tourments
N’est stérile que pour l’âme des absents,
Car la vie n’est rien d’autre qu’un aimant :
Oui, je t’aime, et tu m’aimes, c’est le sang !
Et le gris qui ennuie les âmes tristes,
Sache donc qu’il réjouit les artistes.
La poussière qui aveugle le pédant
N’existe que pour masquer le talent.
L’éternel qui le voit la protège,
Et le fiel qui l’affronte reste aveugle.
Oui, le gris est caché dans la fange,
Bien trop précieux pour les anges.
Vérité bien connue des démons,
Trop dangereuse en ce monde de cons :
Les Enfers et le Ciel se querellent,
Mais le Gris les dirige, éternel !
Et l’amour que l’on drape de blanc
Naît souvent du noir et du sang.
Un doux gris, c’est la joie de l’envie,
Sans l’ennui que nous impose le poli.
Première publication le 20/05/2015 sur poeme-france.com (texte n° 163559, où la date de mise en ligne et les commentaires de l’époque sont visibles) · copie Internet Archive.